четверг, 19 сентября 2024 г.

19.09.2024



  


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À quoi servent les jurons ? Peut-on vraiment s’en passer ? Et surtout : pourquoi nous font-ils tant de bien ? Entretien avec la philosophe britannique Rebecca Roache, spécialiste de la question.

tiré d'ici https://www.philonomist.com/fr/entretien/ce-que-nos-jurons-disent-de-nous


 Jurer est une manière unique d’exprimer des émotions que les mots ne pourraient pas communiquer. Nous sommes habitués à croire que ce que nous voulons communiquer peut être exprimé de diverses manières, mais certaines émotions ne peuvent pas être exprimées sans jurer. Quand on veut saluer un ami dans la rue, il y a tout un éventail de phrases possibles. Prenez l’expression : « Va te faire foutre. » Son sens littéral n’a aucune importance. C’est juste une façon singulière de véhiculer telle ou telle émotion. On jure quand on se fait mal, quand on est surpris ou en colère. Pour le linguiste Geoffrey Nunberg, jurer relève souvent davantage du cri que de l’énoncé. C’est un aspect des choses. Mais souvent, on jure aussi pour offenser les autres !



   

Les mots les plus offensants changent constamment parce qu’ils font référence à ce qui nous est le plus cher. L’objet des jurons et des insultes reflète nos valeurs culturelles. Prenez le film Autant en emporte le vent. À un moment, Rhett Butler dit : « Franchement, ma chère, je m’en fous. » [« I don’t give a damn » dans la VO, « damn » renvoyant à la damnation, ndlr]. À l’époque, en 1939, on a beaucoup discuté pour savoir si l’expression était trop choquante. Aujourd’hui, ça paraît assez foireux comme débat. L’une des explications, c’est que les sociétés anglo-américaines sont devenues moins religieuses. D’autres mots comme « Dieu » ou « le Christ » ont perdu leur puissance, parce que nous avons significativement moins peur du blasphème. Aujourd’hui, les mots les plus grossiers en anglais font référence au sexe : « fuck » et « cunt », « baise » et « chatte ». Mais ils n’ont pas toujours été aussi sulfureux ! L’époque victorienne a été marquée par un puritanisme de plus en plus prégnant dans la société. Auparavant, il existait des rues qui portaient le nom de Gropcunt [la rue « Tripote-chatte », approximativement, ndlr], ce qui serait inimaginable aujourd’hui.


En fait, il y a une sorte de glissement qui s’est fait du juron aux insultes, qui impliquent des mots racistes, homophobes, sexistes et validistes. Par exemple, le « n-word » [« n-word » est un code pour « nigger », « nègre » en français, le mot étant devenu si tabou qu’il est imprononçable en anglais, aux moins aux États-Unis, ndlr] n’était pas si offensant il y a quelques décennies. Mais la conscience des discriminations tend à devenir une valeur partagée par tous. Et les valeurs d’une société affectent le caractère offensant ou non du langage que nous utilisons.

Quand on dit « Va chier », on n’offense que la personne à qui on s’adresse. À l’inverse, les insultes expriment un mépris non seulement pour la personne à qui l’on parle, mais pour toute une communauté. En plus d’être irrespectueuse, l’insulte fait revenir à la mémoire toute l’histoire de l’oppression, et cela concerne le langage homophobe, le langage sexiste, le langage validiste.




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