среда, 30 апреля 2025 г.

08.05.2025

 Bonjour, souris.

Elle accélère.

Hé, attendez ! Je ne veux pas vous faire de mal, je me fiche que vous voliez des gâteaux, je souhaite seulement vous parler.

Elle accélère encore.

Non, ne partez pas !

Sa queue rose virevolte derrière elle. Cette souris est vraiment très gracieuse. J’aime les êtres qui bougent harmonieusement leur corps.

Bon, il va falloir que je la rattrape si je veux arriver à un dialogue satisfaisant. J’accélère moi aussi, bousculant le tabouret dans la cuisine, effleurant un vase dans le salon, égratignant le tapis pour freiner.

Elle dévale l’escalier menant au sous-sol. Je la suis.

Nous voilà au milieu des machines à laver, des poussettes, des valises, des vieux tableaux et des bouteilles de vin. Il n’y a que peu de lumière — un simple rayon issu du soupirail —, j’élargis donc au maximum mes pupilles (de fines fentes elles deviennent larges cercles) et arrive ainsi à me mouvoir dans la quasi-obscurité.

Nous, les chats, nous savons accomplir ce genre de prouesse.

Je peux même distinguer ses empreintes sur le sol poussiéreux. Je les suis un temps, puis elles disparaissent.

Je ferme les yeux, mes oreilles aux aguets pour localiser la souris grâce à mon ouïe ultrafine. Ce sont ensuite les extrémités de mes moustaches qui vibrent et permettent d’affiner l’information.

Elle est par là.

Êtes-vous là, petite souris ?

J’entends son cœur qui bat fort. De l’inquiétude, elle est passée directement au stade de la panique totale.

Je me penche et la vois cachée dans un trou pas plus large que ma patte.

Elle tremble de tout son corps, yeux exorbités, mâchoires entrouvertes, queue enroulée devant ses pattes.

Est-il possible que ce soit moi qui l’effraye à ce point ? Pourtant je ne suis qu’une jeune chatte.

Je pense que des années d’incompréhension entre nos deux espèces ne participent guère à surmonter notre méfiance mutuelle. Je me concentre et envoie un message télépathique suivi par un ronronnement en ondes à fréquences basses.

Je ne souhaite pas vous tuer mais simplement dialoguer d’esprit conscient à esprit conscient.

Elle recule encore pour se plaquer au fond de son trou. Elle tremble si fort que j’entends ses dents qui s’entrechoquent.

Je passe en mode ronronnement, sur une fréquence médiane.

N’ayez pas peur.

Sa respiration devient plus profonde et ses battements de cœur plus rapides, comme si cette pensée, ayant été perçue, produisait l’effet contraire à celui recherché. Mais pourtant je sens que j’y suis presque.

 C’est à ce moment qu’une détonation me fait sursauter. Cela provient de l’extérieur de ma maison, de la rue. Elle est immédiatement suivie de plusieurs autres claquements secs, puis de cris aigus.

Je remonte jusqu’au premier étage, je sors sur le balcon de la chambre et, depuis ce point de vue élevé, j’essaye de voir ce qui provoque ce trouble.

Je distingue un humain habillé en noir qui brandit une sorte de bâton dont l’extrémité crépite de petites lueurs en direction de jeunes humains qui sortent d’un grand bâtiment dont la porte est surmontée d’un drapeau bleu, blanc, rouge.

Certains d’entre eux tombent et ne bougent plus. Les autres courent dans tous les sens et poussent des hurlements tandis que l’humain vêtu de noir continue de produire des détonations avec son bâton. Lorsque ce dernier semble ne plus fonctionner, il le jette au milieu des jeunes humains qui crient et s’effondrent sur le trottoir, puis il se met à courir. 

 Puis l’homme habillé en noir est emporté par une voiture très bruyante qui fait tournoyer une lumière bleue sur son toit. Pendant ce temps, la foule s’accumule autour de ma maison et de l’immeuble avec le drapeau. Les cris cessent enfin, mais les humains parlent vite et fort et je perçois une émotion, comme un nuage palpable : la douleur. Certains se disposent deux par deux, l’un parlant avec une boule à la main et l’autre l’éclairant à l’aide d’un objet surmonté d’une lampe. Les hommes à la boule s’expriment dans leur langue, seuls face à l’objet, puis la lampe s’éteint.  


Que peut-on deviner à partir de l’expression « une sorte de bâton dont l’extrémité crépite de petites lueurs » ?

 • Qu’est-ce que cela désigne probablement dans le monde humain ?

 • Pourquoi le chat choisit-il ce terme ?

 • Quel effet produit cette description indirecte sur le lecteur ?


b. Le chat parle de « jeunes humains qui sortent d’un grand bâtiment dont la porte est surmontée d’un drapeau bleu, blanc, rouge ». Quel type de lieu est-il en train de décrire ? Pourquoi n’utilise-t-il pas le mot exact ?


c. Selon toi, pourquoi le chat dit-il « des cris aigus » et « des hurlements » au lieu de parler de détresse ou de peur ? Qu’est-ce que cela révèle sur sa perception ?


d. Le chat ne nomme jamais le mot « attentat ». Quels éléments du texte permettent tout de même de comprendre ce qui se passe ? Cite trois indices.

 

2. Quiz – prépositions avancées (choix multiples)

a. Je la suis _____ le sous-sol.
A. vers
B. dans
C. jusqu’à
D. par


Un simple rayon issu _____ soupirail éclaire faiblement la pièce.
A. par le
B. au
C. du
D. sous


Elle est cachée dans un trou pas plus large _____ ma patte.
A. comme
B. que
C. de
D. par


Les jeunes humains sortent _____ un grand bâtiment.
A. de
B. dans
C. par
D. à


A. par
B. depuis
C. sur
D. dans



3. Périphrases – reformuler certaines expressions du texte

a. Reformule cette phrase : « Elle est immédiatement suivie de plusieurs autres claquements secs. »


b. Périphrase cette description : « Un humain habillé en noir qui brandit une sorte de bâton. »


c. Reformule : « Je me concentre et envoie un message télépathique suivi par un ronronnement. »


d. « Des années d’incompréhension entre nos deux espèces… »


e. « Elle tremble si fort que j’entends ses dents qui s’entrechoquent. » 
 








пятница, 25 апреля 2025 г.

25.04.2025











   

 

Comment ai-je fini par comprendre les humains ?

Depuis ma plus tendre enfance, ils m’ont toujours paru à la fois mystérieux et passionnants.

À force de les observer en train de s’agiter dans tous les sens ou d’effectuer des gestes incompréhensibles, voire ridicules, la curiosité a commencé à me gagner. Je me posais sans cesse des questions :

Pourquoi agissent-ils aussi bizarrement ?

Est-il possible d’établir un dialogue avec eux ?

Déjà à l’époque j’étais intimement persuadée que :

Tout ce qui vit possède un esprit.

Tout ce qui possède un esprit communique.

Tout ce qui communique peut dialoguer directement avec moi.

La communication m’apparaissait donc comme la solution à tous les problèmes et il ne tenait plus qu’à moi d’entamer un échange fructueux avec les autres. Heureusement que j’avais cet objectif, sinon de quoi aurait été faite mon existence ? Manger ? Dormir ? Voir se succéder les journées et les nuits à ne faire encore que manger et dormir alors que le monde continue de palpiter autour de moi ?

Cependant, avoir une quête ne suffit pas, il faut aussi avoir une stratégie qui mène à son accomplissement.

Comment aller vers les autres ?

Voilà comment tout a commencé…

....

Je laisse lentement retomber mes paupières, j’inspire profondément, je sens mon corps et, dans ma tête, je sens mon esprit.

Je garde les yeux clos, j’écoute avec tous mes sens physiques et psychiques.

Là par exemple, je sens une onde.

Pas de doute, il y a un être qui réfléchit dans ma zone de sensibilité.

Je perçois une pensée inquiète.

J’ouvre les yeux, je cherche la source d’émission, je m’avance dans la direction d’où provient le signal.

Après mon esprit, ce sont mes yeux qui achèvent l’identification de cette source d’intelligence.

Je la vois. Elle est très belle.

Je continue d’avancer, à petits pas.

Ses grands yeux bruns anxieux scrutent les alentours.

Elle déguste du bout des lèvres un gâteau crémeux. Visage fin, dents blanches étincelantes. Ses doigts aux longs ongles noirs sont fébriles, crispés sur la friandise.

Elle est vraiment ravissante.

Approchons encore.

Je me concentre et j’envoie une pensée bien distincte dans sa direction :

Bonjour, mademoiselle.

Comme elle ne réagit pas, j’accompagne ma pensée d’un pas en avant. Le bois du parquet craque. Elle tourne la tête et sursaute en me voyant. Inquiète, elle s’enfuit, abandonnant son gâteau.

Elle détale de toute la puissance de ses jolies cuisses musclées.

Je la poursuis.

C’est une sportive. Elle file à grandes enjambées.

J’essaye de ne pas me faire distancer. J’arrive même à gagner du terrain. Je vois maintenant un détail qui m’avait échappé jusque-là et qui participe à son indéniable charme : elle a une longue queue fine et rose.

J’envoie une nouvelle pensée en me concentrant :

Bonjour, souris.

  

Remets les actions dans l’ordre exact du récit :


a. Je perçois une pensée inquiète.

b. Je vois une belle souris.

c. Je m’avance dans la direction du signal.

d. J’envoie une pensée : « Bonjour, mademoiselle. »

e. Elle s’enfuit et je la poursuis.


Synonymes ou définitions – choisis les 3 synonymes corrects


a. “ravissante”

 • magnifique

 • jolie

 • étrange

 • affreuse

 • charmante


b. “crispé”

 • détendu

 • contracté

 • tendu

 • calme

 • nerveux


c. “palpiter” (dans « le monde continue de palpiter ») 2 synonymes ici

 • mourir

 • vibrer

 • briller

 • trembler

a. Qui est le narrateur de cette histoire ? Est-ce un humain ? Pourquoi ?

b. Quel est son objectif dans la vie ?

c. Pourquoi la souris s’enfuit-elle ?

d. Que révèle ce texte sur notre manière d’interpréter les intentions ?

https://apprendre.tv5monde.com/fr/exercice/36457?id_serie=36455&nom_serie=les_donnees_personnelles_sur_internet&niveau=a2_elementaire&exercice=1






четверг, 3 апреля 2025 г.

 

► Faites le quiz

► La chronique de Kèo

On retrouve souvent cette formulation : « opposer son veto  ». Mais est-ce correct ? 

Réponse : non. 

En effet, veto  est un mot latin qui signifie déjà « je m’oppose ». 

« Opposer son veto  » revient à dire « j’oppose mon opposition ». C’est donc un pléonasme ! 

On dira : mettre son veto  (ou utiliser son veto). 

Néanmoins, la formulation « opposer son veto  » est très utilisée, y compris dans les médias.  

Pour rappel, le mot veto  n’a, à ce jour, pas encore été francisé. Il reste, de ce fait, invariable et ne prend pas d'accent aigu sur le « e », à l’instar des autres mots ou locutions latines non francisées comme alter ego, a priori. Ce qui donne au pluriel : des veto, des alter ego, des a priori. 

On devrait aussi écrire veto  en italique, puisqu’il s’agit d’un mot latin non francisé.  


Lisez le dialogue :

Chloé : Franchement, le ciné, c’est plus ce que c’était… On bouffe du blockbuster à la chaîne, les mecs balancent des effets spéciaux à gogo et basta. Plus personne prend le temps de raconter une vraie histoire.

Lucas : T’abuses ! Y’a encore des bons films, mais faut les chercher. C’est sûr que si tu mates que les grosses prods américaines, tu risques pas de tomber sur une pépite indé… Faut creuser un peu, sortir des sentiers battus.

Chloé : Ouais, sauf que tout le monde veut du rapide, du facile. Qui va se farcir un film d’auteur un peu chelou quand t’as un Marvel qui te tend les bras avec du popcorn en prime ?

Lucas : J’avoue, le public est pas innocent non plus. Mais bon, tant qu’il reste des réalisateurs qui en ont sous le capot et qui refusent de rentrer dans le moule, y’a encore de l’espoir.



Quiz : Vocabulaire 

 1. Que signifie « balancer des effets spéciaux à gogo » ?

a) Ne pas utiliser d’effets spéciaux

b) Mettre beaucoup trop d’effets spéciaux

c) Utiliser des effets spéciaux de mauvaise qualité

d) Faire un film en noir et blanc

 2. Que veut dire « tomber sur une pépite » dans ce contexte ?

a) Trouver un film exceptionnel

b) Voir un film très ancien

c) Regarder un film en plusieurs fois

d) Choisir un film au hasard

 3. L’expression « en avoir sous le capot » signifie :

a) Être très riche

b) Être intelligent ou talentueux

c) Avoir un problème technique

d) Être en colère



Prépositions et expressions

 1. Complétez : T’as pas envie de sortir ___ sentiers battus et découvrir des films plus originaux ?

 2. Complétez : Les studios nous balancent toujours les mêmes films, et on tombe ___ le panneau à chaque fois.

 3. Complétez : Ce réal’ a refusé de rentrer ___ le moule, il fait ses films comme il veut.


Exercices de grammaire

 1. Transforme cette phrase à la voix passive :

Les studios balancent des blockbusters à la chaîne.

 2. Remplace « si tu mates que les grosses prods » par une phrase plus soutenue.

Ce soir à la télé : adapté d'une histoire vraie, ce film propose un autre regard sur la prison

Depuis la fin du mois de novembre, Emmanuel Courcol fait sensation avec son nouveau long métrage qui célèbre l'univers philharmonique : En fanfare. Trois années plus tôt, le réalisateur faisait déjà un triomphe avec son film éponyme.

Sorti au cinéma en 2021, Un Triomphe raconte l'histoire d'Étienne (Kad Merad), un acteur en galère qui accepte d’animer un atelier théâtre en prison pour boucler ses fins de mois. Surpris par les talents de comédien des détenus, il se lance dans un projet ambitieux : monter une pièce et se produire pour de vrai.


Filmer au plus près du réel

Un triomphe s'inspire d'une histoire vraie, celle de Jan Jönson. Lorsqu'il a découvert son récit, Emmanuel Courcol a aussitôt saisi toute la difficulté du projet, comme il l'a expliqué : "Il fallait tout réinventer parce que le milieu carcéral suédois des années 80 était très éloigné des prisons françaises d'aujourd'hui".

Alors, pour parvenir à ce résultat final, le réalisateur a entrepris un long travail d'observation via des intervenants en prison et a lui-même pu animer un atelier vidéo derrière les murs de Fleury-Mérogis. Puis, après l'initiation, place à la réalisation.

Emmanuel Courcol a fait le choix de tourner dans une vraie prison, au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin. Cet endroit, le cinéaste le connaît bien, puisqu'il y a réalisé son documentaire Douze cordes, en 2019.

Un défi compliqué mais qu'il a su relever haut la main, comme il le confie : "Nous avons été très bien reçus par la direction et les personnels se sont montrés très coopératifs. Kad a même été acclamé par les détenus."

En tournant son film au plus près de la réalité, Emmanuel Courcol cartonne. La preuve avec la note AlloCiné attribuée par la presse nationale et les spectateurs : 3,8 sur 5. En plus d'avoir reçu une nomination à Cannes, le long métrage a aussi été primé à Angoulême.

Un vrai triomphe rempli d'humanité et qui propose un tout autre regard sur la prison, chose rare au cinéma.