четверг, 25 сентября 2025 г.

25.09.2025

 

  



 




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 5 De la difficulté de partager son territoire

Le jour se lève et je commence donc à m’assoupir lorsqu’un hurlement vrille les longs poils de mes oreilles.
Nathalie vient de découvrir mon cadeau.
Cependant, ce cri ne ressemble pas à un cri d’allégresse. J’entends mon nom répété plusieurs fois sur un ton de reproche. Elle ne semble pas apprécier mon cadeau. Je la rejoins avec nonchalance et constate, alors que la souris a encore de délicieux spasmes d’agonie qui inviteraient n’importe qui à vouloir jouer un peu avec elle, qu’elle a pris une pelle et un balai pour la mettre dans un sac-poubelle, m’interdisant ainsi de la manger pour l’achever. Devant autant d’ingratitude, je manifeste mon mécontentement par des grognements.
Ma servante ne se laisse pas décontenancer et verse nerveusement des croquettes dans ma gamelle. J’ose espérer que c’est ma récompense pour la souris.
Je pense que son comportement équivoque est peut-être lié à la mauvaise influence de cette télévision qui la fait pleurer en lui montrant le terrorisme et la guerre. Quant à moi, je suis ravie de connaître désormais le sens précis de ces informations grâce à mon voisin Pythagore.
Lorsqu’elle s’est habillée, Nathalie quitte la maison. Je reste à nouveau seule chez moi et j’en profite pour, repue, m’endormir enfin. Le sommeil est quand même ma première passion.
Je rêve que je mange.
Je me réveille comme à mon habitude dans l’après-midi, alors qu’un rayon de soleil me lèche la paupière droite. Je m’étire jusqu’à l’extrême, mes vertèbres craquent, je bâille.
Il faut que je travaille mes extensions pour être sûre de ne plus jamais, au grand jamais, reproduire le saut catastrophique d’hier. Sortie et rétractation des griffes pour améliorer la rapidité du dégainé.
Je me lèche. J’adore me lécher (ma mère m’a toujours dit que « l’avenir appartient à ceux qui se lèchent tôt »). J’en profite pour réfléchir à ce que je vais faire aujourd’hui. Nous, les chats, nous improvisons en permanence. Évidemment, j’aimerais bien continuer la conversation avec mon voisin siamois, mais lui ne semble guère intéressé par ma personne et je suis trop fière pour quémander quoi que ce soit (à un mâle qui plus est…). Je décide donc de continuer seule mes recherches sur la communication inter-espèces en m’attaquant à un spécimen plus primitif : le poisson rouge dans le bocal de la cuisine.
Je le rejoins, le scrute à travers le verre qui nous sépare. Probablement intimidé, il recule pour se placer le plus loin possible de moi.
Bonjour, poisson.
Je pose mes coussinets sur le verre et ferme les yeux pour envoyer mon message télépathique. Je me mets à ronronner.
Nathalie l’appelle « Poséidon ». Je me dis qu’il a donc entendu ce nom plusieurs fois et qu’il comprendra mieux que je m’adresse à lui si je le nomme correctement dans mon esprit.
Bonjour, Poséidon.
La petite carpe orange aux larges voilures souples s’enfonce précipitamment dans son décor de fausses pierres où il me devient presque impossible de la discerner. Qui osera évoquer les ravages de la timidité ?
À nouveau j’envoie un message porté par mon ronronnement. Que lui dire ? « N’ayez pas peur » ? Cela sous-entendrait qu’il y a effectivement un danger. Il faut trouver autre chose. Ça y est, je sais ce qu’il faut émettre :
Je suis prête à dialoguer d’égal à égal avec vous, même si vous n’êtes qu’un poisson.
Voilà le message adéquat, mais il n’entraîne pas la bonne réaction.






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